Farouk Mardam-Bey est né en 1944 à Damas. Il se rend en France dans les années 1960 pour y poursuivre ses études. En 1976, il est persona non grata dans son pays pour raison politique. Il devient directeur de la collection Sindbad chez Actes Sud en 1995, où il publie notamment Mahmoud Darwich, Elias Khoury, Adania Shibli, Hoda Barakat et Elias Sanbar. Après cinquante ans d’interdiction de séjour, il retourne en Syrie pour un premier séjour en janvier 2025.
Vous n’étiez pas retourné en Syrie depuis cinquante ans. Pour quelle raison ?
Farouk Mardam-Bey : Je ne m’étais pas rendu en Syrie depuis 1975 – j’avais 31 ans –, année où ma mère est décédée à Beyrouth. Je me suis rendu à son enterrement, puis j’ai fait un tour à Damas avant de rentrer en France. La guerre civile libanaise avait déjà commencé. Nous, les étudiants et jeunes intellectuels arabes à Paris, étions tous proches des Palestiniens, donc nous étions opposés à l’intervention de l’armée syrienne au Liban contre l’OLP et la gauche libanaise. Nous avons manifesté. Cela se passait début juin 1976. À la fin du même mois, Hafez al-Assad est venu en visite officielle en France. Nous avons à nouveau manifesté. Le régime nous a privés de nos passeports et nous a menacés de la prison si nous remettions les pieds en Syrie.
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Depuis lors, je n’ai cessé d’être dans l’opposition, horrifié par les massacres commis par le régime et la féroce répression qui s’est abattue à partir de 1980 sur toutes les forces vives du pays. Bachar Al-Assad a succédé à son père début 2000 et n’a pas tardé à marcher dans ses pas, le dépassant dans l’atrocité à partir du déclenchement du soulèvement populaire en…
Auteur: Christophe Kantcheff

