Paris, reportage
Tandis que le brouillard se dissipe lentement, des militantes installent les stands des syndicats et associations, à côté des joggeurs qui traversent la place pour longer le canal Saint-Martin. « J’arrive dans deux stations, je me dépêche », écrit Somayeh Rostampour par SMS.
Quelques instants plus tard, la Kurde-Iranienne de 39 ans apparaît à l’autre bout de la place Stalingrad à Paris, et accélère le pas pour nous rejoindre. C’est ici que se tient le village féministe avant le départ de la manifestation parisienne pour la journée des droits des femmes, dimanche 8 mars.
Depuis plus d’une semaine, la chercheuse en sociologie à l’université de Lille enchaîne les réunions, manifestations et entretiens pour alerter sur le sort du peuple iranien, bombardé d’un côté par Israël et les États-Unis et sous la répression du régime des mollahs de l’autre.
Alors que depuis le 28 février, les bombardements ont fait plus de 1 300 morts dans le pays, Somayeh Rostampour s’inquiète pour sa famille, dont une grande partie vit en Iran. « Je n’ai eu que quelques nouvelles par ma sœur et mon oncle, mais au bout d’une minute, la liaison a été coupée », dit-elle. Malgré ce chaos, la militante féministe a trouvé du temps pour parler du collectif Roja Paris, dont elle est membre.
Lire aussi : « Les Iraniens savent que tout le monde se contrefiche de leur liberté »
Créé en septembre 2022 à la suite du féminicide de Mahsa Amini — jeune Kurde-Iranienne arrêtée puis tuée par la police des mœurs pour avoir mal porté son voile — et de l’essor du mouvement Femme, Vie, Liberté, Roja Paris est un collectif féministe, anticapitaliste et internationaliste constitué de membres de la diaspora iranienne, kurde et afghane dans la capitale française.
« Ni mollah ni shah »
Comme Somayeh Rostampour, la quinzaine de militantes de Roja Paris estime qu’entre la République…
Auteur: Jeanne Cassard, Valentina Camu

