C’est une affectation dont il avait sans doute rêvé. « Je ne sais pas pourquoi, mais la France, sa langue, sa culture, fait partie de mon âme. Je suis chez moi ici. » Assis dans une salle jouxtant l’entrée de la cathédrale américaine de Paris, rue Georges V (8e arrondissement), James Harlan, 57 ans, est partagé entre les préparatifs pour accueillir une femme prêtre et la joie de se lancer dans sa nouvelle mission. Membre de la Communion anglicane, l’Église épiscopalienne dont dépend la cathédrale autorise le sacerdoce féminin.
Celui qui a déjà arpenté les avenues parisiennes à de multiples reprises par le passé, sera installé à la tête de la cathédrale de la Sainte-Trinité ce dimanche 5 novembre. Né et élevé dans l’État américain du Colorado et bercé au sein de l’Église épiscopalienne, James Harlan a déjà passé du temps sur le territoire français. Dans sa jeunesse, il avait effectué sa première année d’études à l’université de Bordeaux dans la seconde moitié des années 1980. Outre les bons souvenirs, il conserve de cette année d’étude une excellente maîtrise du français.
Un « appel » rare
Déjà à l’époque, sa vocation était connue. « J’ai reçu un appel quand j’avais 10 ou 11 ans », se souvient-il, admettant dans la foulée que l’appel à la prêtrise « est assez rare dans l’Église épiscopalienne ». C’est en rentrant de Bordeaux qu’il commence, à l’âge de 20 ans, un premier ministère en pastorale des jeunes de la cathédrale de Denver.
Ordonné à 28 ans à Colorado Springs, il embarque peu après pendant trente-six mois comme aumônier dans la Marine américaine. Après avoir vécu à travers le monde (Japon, Espagne, Guam), il rentre dans sa terre natale où il restera encore une dizaine d’années. C’est d’ailleurs l’ancien évêque du Colorado, Robert J. O’Neill, son « mentor depuis vingt ans », qui prêchera à son installation.
Tisser…
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Auteur: Matthieu Lasserre

