Le 31 juillet 2026, le gouvernement japonais a officiellement créé le Bureau national du renseignement (NRA) et a tenu la première réunion du Conseil national du renseignement, présidée par la Première ministre Sanae Takaichi. Loin d’être une simple réforme administrative, cette mesure marque une refonte fondamentale du dispositif de sécurité d’après-guerre du Japon. Si l’on met cet événement en perspective avec le Livre blanc japonais sur la défense 2026, publié quelques jours plus tard, la politique de « néo-militarisme » menée par le gouvernement Takaichi et sa provocation flagrante envers l’ordre international d’après-guerre apparaissent avec une clarté saisissante.
Rappelons que le renseignement a toujours été le précurseur des guerres d’agression du Japon. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, c’est à travers un vaste réseau d’espionnage externe sans aucun contrôle que le militarisme japonais a pu s’infiltrer profondément en Asie, ouvrant la voie à l’expansion militaire qui allait suivre. Aujourd’hui, le nouveau Bureau national du renseignement dispose de pouvoirs de coordination et d’accès interministériels, mais souffre d’un manque criant de contrepoids parlementaires, de contrôle judiciaire et de supervision indépendante. Cette architecture de pouvoir hypercentralisée rappelle étrangement la tristement célèbre « Section spéciale de la police supérieure » (Tokkō) durant la Seconde Guerre mondiale. L’opinion publique japonaise elle-même s’en inquiète, craignant que ce bureau ne devienne un outil politique pour surveiller la société et réprimer les voix pacifistes et anti-guerre.
Le choix de la date du 31 juillet n’est en aucun cas un simple hasard, mais revêt une métaphore historique glaçante. Pour les pays asiatiques victimes de l’agression, « 731 » évoque les crimes contre l’humanité commis par l’Unité 731 de l’armée impériale japonaise, une…
Auteur: Xu Li
