Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique, elle livre astuces et réflexions parce que jardiner… c’est politique.
C’est la fin des soirées au jardin, à la sortie du travail et avant l’arrivée de la nuit. Ce petit moment de verdure a raccourci jusqu’à s’éteindre. On va juste, parfois, chercher les poireaux pour la soupe du soir à la lampe torche. C’est, pour moi, le véritable marqueur de l’arrivée de la saison froide, l’inauguration d’un nouveau rythme.
En semaine, la tournée d’inspection du jardin ne peut désormais se faire qu’à la pause déjeuner, les jours de télétravail. Hop, un coup d’arrosage aux salades de la serre, et quelques caresses à la gardienne des lieux, la petite chatte noire qui s’y abrite pendant la saison froide. L’espace de quelques minutes, je suis ailleurs. Loin de l’écran, de l’article d’actualité à rendre le plus vite possible, des coups de fil et réunions qui s’enchaînent.
La pause est courte, et pourtant elle suffit à dissiper tout stress ou préoccupation externe. Mes pensées et mon corps ne sont là que pour les plantes. Tiens, il faut éclaircir les navets, désherber les épinards. Je prends cinq minutes pour avancer ces petites tâches, avant que les urgences d’un média quotidien comme Reporterre ne me rappellent.
Je pense que c’est une expérience commune à de nombreux jardiniers : s’occuper de ses plantes est une méditation, un apaisement, une relaxation. À chacun ses mots pour décrire cet état. On est dans le présent, mais pas seulement. C’est bien plus fort que cela. Pour ma part, les plantes m’ont appris un tout autre rapport au temps.
« Au jardin, ce n’est plus moi qui mène la danse »
Dans le monde professionnel, ou même la vie quotidienne, je suis cheffe d’orchestre de mon emploi du temps. Je l’ajuste en permanence en fonction des contraintes, des priorités. Au…
Auteur: Marie Astier

