Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), reportage
Quand les jardins ouvriers d’Aubervilliers auront-ils enfin la paix ? « On est là car les jardins sont à nouveau menacés. Cynique, vu les discours en ces temps de canicule ! » Le 6 juillet, Dolorès, jardinière détentrice d’une parcelle sur les lieux depuis cinq ans retrouvait au jardin des Vertus des dizaines de militants, habitants du quartier et autres curieux, bravant les intempéries venues mettre fin aux chaleurs étouffantes des jours précédents.
Le collectif de défense du jardin, déjà mobilisé depuis des années sur les lieux, organisait une journée festive pour relancer la mobilisation et accueillir de nouveaux soutiens. En ligne de mire : la révision du plan local d’urbanisme (PLU) prévue pour septembre, et avec elle, la crainte de voir 2 300 m2 de parcelles supprimées au profit de nouveaux projets de bétonisation, sur les 7 hectares du site.
Une lutte plusieurs fois victorieuse
Ces dernières années, les Jardins d’Aubervilliers ont été le théâtre d’une forte mobilisation, concrétisée par une occupation du site et une victoire juridique contre le projet de solarium censé accompagner la piscine d’entraînement olympique — une installation qui avait déjà détruit 4 000 m2 de jardins.
En parallèle, la Société du Grand Paris avait accepté de réduire les dimensions de sa future gare de la ligne 15 du métro, présentée comme un moyen de relier La Défense en quinze minutes. Une concession qui a permis de limiter l’ampleur des dégâts, sans empêcher pour autant la construction d’une nouvelle gare de surface, devenue la norme dans les projets d’infrastructure du Grand Paris Express en Seine-Saint-Denis.
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Des luttes d’envergure, donc, parfois victorieuses, mais qui n’ont pas empêché la destruction de plusieurs milliers de mètres carrés de…
Auteur: Pablo Patarin

