Visite de travail ou visite officielle? L’Elysée a modifié le niveau diplomatique de réception du président argentin Javier Milei du 29 septembre au 2 octobre à Paris. Le dirigeant d’extrême-droite, accompagné par des ministres et des entrepreneurs, se rendait officiellement pour assister à « l’Argentina Week », un forum destiné à attirer de potentiels investisseurs européens de l’énergie et des infrastructures.
Une simple visite de travail devenue officielle
L’Elysée avait affirmé dans un premier temps que ce déplacement était avant-tout « une visite argentine », donc une simple visite « bilatérale », le niveau le plus bas en terme de protocole diplomatique. Mais Emmanuel Macron a accueilli son homologue argentin en grande pompe à l’Elysée le 1er octobre, à la surprise des journalistes. Javier Milei a même eu droit aux honneurs militaires aux Invalides le même jour, ce qu’une simple visite de travail ne permet pas, en principe. Le gouverneur militaire de Paris, qui organise les visites officielles, s’en est même vanté sur ses réseaux sociaux.
Le palais présidentiel tente de minimiser l’impact de cet accueil chaleureux qui suscite l’embarras d’une partie de la Macronie, effrayée par le profil extrémiste et réactionnaire du président argentin. Finalement, le niveau protocolaire a été relevé d’un cran, en catimini. « Le président tient à maximiser les intérêts de la France auprès d’un pays important en Amérique latine », balaye l’Elysée. Traduction: le business avant-tout. Derrière cette visite, ce sont les intérêts français en Amérique du Sud qui sont mis en avant, notamment le Mercosur, mais aussi la question des métaux critiques comme le lithium ou le cuivre, pour nos batteries de téléphone et de voitures électriques. Une éventuelle commande de trois submersibles au constructeur tricolore Naval Group, pour un montant dépassant les 2 milliards d’euros, est aussi…
Auteur: Le Média
