Maisons-Alfort (Val-de-Marne), reportage
Sur le macadam brûlant, une file d’attente s’allonge. Ils sont des dizaines, comme chaque matin depuis trois jours, à venir déposer des animaux en détresse, lovés dans des boîtes en carton dans lesquelles ils ont percé des trous pour laisser passer un filet d’air.
Une heure après l’ouverture, ce 25 juin au matin, le centre de sauvetage des animaux sauvages de Maisons-Alfort, au sud-est de Paris, avait déjà recueilli 49 animaux en détresse. « C’est autant qu’en une journée, en plein hiver », souffle Julie Piazza, l’une des deux vétérinaires de l’association Faune Alfort, qui tient le centre. Elle travaille en renfort de la vétérinaire du service pendant l’été.
Les oiseaux qui nichent sous les toits, premières victimes
Dans les boîtes en carton, beaucoup d’oiseaux, en particulier des martinets, des hirondelles et des goélands, qui nichent sous les toits et sont donc particulièrement exposés aux fortes chaleurs. Ces espèces sont déjà en déclin à cause du manque d’espace pour nicher, dans les bâtiments modernes ou rénovés. « La canicule précoce, cette année, tombe en pleine période de nidification. Les bébés martinets sautent du nid pour survivre à la chaleur », détaille une des huit bénévoles qui s’affairent dans l’espace nurserie.
Elle précise : « Ce sont des oiseaux qui mangent uniquement en l’air, en ouvrant le bec. Au sol, ils ne savent pas attraper la nourriture et ne peuvent pas redécoller tout seul. » Cinq fois par jour, les bénévoles de l’association doivent donc les nourrir à la main, avec une infinie patience. « Leur bec est très fragile, il faut faire très attention », dit-elle en glissant au fond du gosier, un par un, une ration d’une vingtaine de grillons.
Le service accueillait 40 de ces bébés martinets il y a trois jours. Ils sont plus de 100 aujourd’hui.
500 bénévoles et 18 services…
Auteur: Erwan Manac’h, Mathieu Génon

