Alors que le gouvernement prétend organiser et promovoir le « réarmement démographique », certaines voient d’un mauvais œil ce discours martial d’un État qui prétend s’insinuer dans les corps autant que dans le désir même d’avoir ou non des enfants. Une lectrice nous a transmis ce texte qui relève de l’analyse autant que du témoignage dans lequel elle explique comment et pourquoi elle a fait le choix « radical » d’une salpingectomie totale bilatérale (une ligature des trompes). Ou comment appréhender une décision irréversible dans un monde où les choix se doivent d’être aussi flottants que malléables.
Et ce depuis bien longtemps. Ne pas avoir d’enfant est autant un choix que de choisir d’en avoir. Et moi, je n’en veux pas. C’est pour cela que je me suis faite ligaturer les trompes (plus précisément une salpingectomie totale bilatérale). C’est un choix irréversible et radical et c’est là toute sa puissance ! Irréversible car pas de retour en arrière possible, Depuis l’opération, je n’ai plus la possibilité de mettre au monde un enfant. Radical car c’est de mon point de vue, l’un des choix des plus radicaux que l’on puisse faire. Enrayer la machine. Cette machine qui, si insidieusement, a rendu le désir d’enfanter comme instinctif, naturel ; le désir d’être mère comme normal (norme), voire comme une vocation, un dessein ; le désir de faire famille comme un besoin vital, comme une étape pour une vie réussie.
Enfanter, en étant femme, permet de se sentir intégrée (encore, faut-il être dans les bonnes cases : présence d’un père, économiquement stable et dans la bienséance). La femme, par l’enfantement s’octroie une tranquillité sociale.
J’ai de plus en plus de mal à concevoir pourquoi aussi peu de gens ne questionnent l’institution de la famille nucléaire. Avoir un enfant c’est magnifique mais si l’option de ne pas en avoir n’est pas considérée,…
Auteur: dev

