« Je donne cours à des étudiants qui passent leurs partiels dans le noir »


Suivre un doctorat en histoire était la vocation de Léo*. Une évidence qu’il a réussi à concrétiser en obtenant un contrat dans une université francilienne. Une chance, au vu de la rareté de tels financements. Depuis, il se heurte quotidiennement à la précarité du milieu de la recherche en sciences humaines et sociales (SHS), où faire son métier est devenu un parcours du combattant.


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Le prénom a été changé.

Faire une thèse en histoire, c’était un choix de conviction. Je ne me voyais nulle part ailleurs que dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). C’était là que je voulais être pour faire avancer la connaissance et la partager avec le plus grand nombre. Lors de notre premier rendez-vous, mon directeur de thèse m’avait prévenu : la réalité de l’ESR est difficile et précaire, les abandons en cours de route sont fréquents. Sur le moment, j’ai répondu que ma motivation était suffisamment forte, que l’envie me ferait tenir bon.

Deux ans plus tard, rien n’est plus si sûr. La conviction perdure mais la motivation, elle, s’effrite au fil d’un quotidien qui met sans cesse en lumière la précarité de ce milieu. L’ESR ne fonctionne que tenu à bout de bras, porté par des volontés individuelles qui y croient encore mais sont épuisées par le manque de moyens financiers et humains.

Dans mon laboratoire, la gestionnaire est au bord du burn-out. Chaque mail, chaque requête doivent être pesés préalablement pour ne pas la surcharger inutilement. Chaque demande de financement, de matériel ou de déplacement est un parcours du combattant dont l’issue est rarement positive. Dans mon université, je donne cours à des étudiants qui passent leurs partiels dans le noir, faute d’éclairage satisfaisant. Hallucinant ?…

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