« Je me souviendrai toute ma vie de ce verdict »


Après trois mois d’audiences, le procès du chirurgien Joël Le Scouarnec s’est clos le 28 mai. Il a été condamné à vingt ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes. L’une d’elles, Gabriel Trouvé, 34 ans, réagit à ce verdict plus inquiétant que rassurant et explique pourquoi la justice n’a pas été à la hauteur de ce procès qui devait être « hors-norme ».


Avant que le verdict soit prononcé, mercredi 28 mai, on s’est réunis avec celles et ceux du collectif de victimes de Joël Le Scouarnec qui le souhaitaient, pour manger ensemble et, en quelque sorte, ritualiser la fin du procès, pour honorer aussi ces liens qui ont pu se tisser entre nous, et parler de l’après.

À ce moment-là, aucun de nous n’aurait pu penser que la rétention de sûreté ne serait pas appliquée. C’était inconcevable. Et, encore aujourd’hui, on reste sous le choc. Vous savez, 300 victimes, ce n’est pas juste un chiffre. Il y a des vies derrière, et celles-ci n’ont pas été respectées.


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On nous avait promis un procès « hors-norme », le « procès du siècle ». Ce procès aurait dû être un « symbole de justice ». C’est finalement un verdict qui ne fait pas date, puisqu’il vient à déconsidérer les victimes et à soutenir les velléités de la personne condamnée. Alors qu’elle a reconnu avoir eu des difficultés dans la recherche de vérité pour discerner l’authenticité du discours de Joël Le Scouarnec, la cour criminelle du Morbihan a préféré ne pas prononcer la rétention de sûreté.

Concrètement, d’ici à six ans, Joël Le Scouarnec peut ressortir.

Je me souviendrai toute ma vie de ce verdict. Des victimes…

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