Quatre ans jour pour jour après avoir failli perdre la vie dans une machine de tri à l’usine de recyclage Paprec de Lansargues, Paul Masselin, 27 ans, a pris la parole mercredi devant le tribunal correctionnel de Montpellier. La SAS Paprec Méditerranée et sa filiale Paprec Technique comparaissaient pour blessures involontaires. Le délibéré est attendu le 8 juin
« Ce jour-là, quand la machine a pris mon crâne, c’était une question de survie. Je me suis arraché le cuir chevelu pour sortir, et c’est mon bras qui est resté coincé dans la machine. Je me suis dit que c’était fini. J’ai demandé à mon collègue de venir avec une scie-sabre pour m’amputer le bras. J’avais perdu beaucoup de sang. Je me suis vu mourir. »
Voilà le témoignage que livre Paul Masselin, quand, vers 19 h 15 ce mercredi 8 avril, il s’avance à la barre du tribunal correctionnel de Montpellier. Dans le prétoire, une vingtaine de personnes l’ont attendu toute l’après-midi — des proches, des soutiens, et parmi eux, les parents de Jules Pertet, le jeune homme de 21 ans mort en juillet 2023 dans une machine identique, sur le site Paprec de Nîmes. L’audience a commencé vers 15 h 15. Elle durera jusqu’à 21 heures.
Quatre ans de séquelles, un bandage à la main
Aout 2021, Paul Masselin intègre le site de tri sélectif de Lansargues, repris par Paprec Méditerranée en 2020 après un incendie. Il est recruté via une agence d’intérim pour des tâches de nettoyage et d’entretien des machines, bien qu’il soit électricien de formation. Trois semaines après son arrivée, son binôme est victime d’un accident du travail. Paul se retrouve seul.
Le 8 avril 2022, il s’apprête à nettoyer une machine de tri alors qu’elle devrait être à l’arrêt. Elle tourne encore. En lien par talkie-walkie avec une collègue au pupitre de contrôle, il lui demande de l’arrêter. Elle lui dit que c’est fait. Paul appuie malgré tout sur le bouton…
Auteur: Elian Barascud

