Bordeaux (Gironde), reportage
Alors que 79 départements sont en vigilance canicule jaune et orange, Bordeaux vit déjà son deuxième épisode de chaleur exceptionnelle en l’espace de quinze jours. Si les Bordelaises et Bordelais souffrent de ces températures extrêmes, ce sont les personnes les plus précaires qui sont en première ligne dans une des villes les plus bétonnées de France. Ouvriers du BTP, facteurs, livreurs et sans-abri sont les premiers à pâtir de ces températures.
Le 15 juin, Bordeaux a enregistré la maximale de température sur l’ensemble de la France hexagonale avec 35,4 °C. Le 18 juin, le mercure est monté à 37 °C, la barre des 40 °C devrait être atteinte ce weekend. Plongée dans une métropole en surchauffe.
Bordeaux, métropole de presque 270 000 habitants, brille par sa minéralité. Les places bétonnées sont nombreuses et les chantiers le sont tout autant. Ici, le pont de Pierre, ouvrage emblématique de la ville, est en chantier depuis l’été 2025. Les ouvriers y sont nombreux, tout au long de l’année, jours de canicule y compris.
Sur ce skatepark, il est bientôt midi. Ces deux travailleurs se partagent une bouteille d’eau. Les horaires ne sont pas spécifiquement aménagés par leur employeur. L’ouvrier à droite confie : « Je n’ai jamais connu une chaleur comme ça, même au Soudan. »
Les entreprises d’insertion ne ralentissent pas la cadence pour désherber la ville malgré la canicule. « Même en plein soleil, on fait travailler les gens pour désherber, c’est ridicule », se lamente une passante.
Nicolas a apporté une tonnelle de chez lui pour pouvoir aménager un coin d’ombre lors des pauses pour lui et son coéquipier. « On nous tolère les manches retroussées quand il faut chaud, mais nos pantalons tiennent chaud, on n’a pas le choix, on s’adapte. »
Killian, facteur depuis quelques mois, bénéficie d’un aménagement d’horaires pour son…
Auteur: Timothée Buisson

