Parroy (Meurthe-et-Moselle), reportage
« La cime est fatiguée mais le houpier s’est densifié, on voit aussi que les branches ont créé des suppléants. L’arbre est stressé mais pas en dépérissement irréversible. » Dans la forêt domaniale de Parroy (Meurthe-et-Moselle), Frédéric Bedel balaye du doigt le petit livret de la méthode Archi, édité par le Centre national de la propriété forestière (CNPF), pour établir la santé d’un arbre.
Ingénieur forestier, il est secrétaire national du Snupfen et représentant de ce syndicat au sein de l’association SOS Forêt France. Dans l’agence de Nancy, où il est chef du service forêt, et au-delà, il s’est fait connaître comme l’un des plus ardents défenseurs de l’adaptation naturelle de la forêt face au réchauffement climatique. Une vision qui s’entrechoque avec la politique de plus en plus interventionniste de l’Office national des forêts (ONF), principal gestionnaire en Lorraine où la forêt publique représente 63 % des massifs. Cette politique s’appuie sur des outils numériques prédictifs qui rendent les agents dubitatifs : cette aide à la décision — aux suggestions contestables — pourrait se substituer à un travail de terrain. « On vit vraiment une phase de bascule », dit Frédéric Bedel.
Des plans de relance productivistes
Souvenez-vous : à partir de 2018, après des années de sécheresse, les épicéas du nord-est de la France, plantés en masse dans les années 1950, ont été abattus par milliers d’hectares sous les attaques du scolyte typographe, un petit coléoptère. Au-delà des images chocs des parcelles « scolytées », d’autres essences typiques des forêts d’ici comme le chêne, le sapin ou le hêtre se sont mises à dépérir. Selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), entre 15 % et 21 % des peuplements en Lorraine sont « altérés ».
« On a connu une période…
Auteur: Adrien Labit, Zoé Neboit

