« Je n’ai qu’une hâte : quitter l’hôpital public »


Un an après nous avoir alertés sur ses conditions de travail en tant qu’infirmière, Nathalie revient sur le mal profond de l’hôpital public, entre une direction sourde, des nouvelles directives déconnectées de la réalité et une dégradation des soins.


Depuis la création, il y a un an, du plan de mobilité des personnels, j’ai observé de multiples problèmes : les aides-soignant·es (AS) passent officier·es ou même agent·es de service hospitalier (ASH), c’était déjà le cas mais cela s’est accentué. Nouveauté : les infirmier·es diplômé·es d’État (IDE) passent très souvent sur la fonction AS parce que, paraît-il, nous en manquons : c’est un non-sens. Les ASH sont contraint·es dorénavant de circuler dans six ou sept services (un ou deux auparavant). Ils et elles n’ont pas toujours deux jours de repos dans la semaine, travaillant le week-end, les jours fériés : ils et elles sont épuisé·es.

On nous vend le « travailler ensemble » en binôme AS-IDE. C’est une bonne idée, mais lorsque nous ne sommes que deux pour douze patient·es, c’est impossible de travailler correctement ! Cette réorganisation des soins, paraît-il, rendrait l’hôpital plus attractif pour les soignant·es. On nous impose une journée de travail de douze heures, quasi non-stop : c’est insoutenable pour la santé à long terme ! Celles et ceux qui restent ne tiendront pas. Il y aura soit des arrêts-maladies, soit des départs : autant d’expériences qui manqueront à l’hôpital.

On nous impose une journée de travail de douze heures, quasi non-stop.

Nous avions alerté sur les aspects négatifs de ce plan de mobilité, mais la direction n’a rien voulu savoir : plusieurs postes de soignant·es supprimés et une accentuation de la pression du travail pour les autres. Depuis quelques mois, la charte qui permet la création d’une équipe de remplacement pour une…

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