Bobigny (Seine-Saint-Denis), reportage
Après la répression policière, dont le visage de l’un des prévenus est encore marqué, vient la répression judiciaire. Pendant trois jours, les tribunaux correctionnels de nombreuses villes ont vu passer, ici et là, des individus, plus ou moins jeunes, qui auraient accaparé des biens lors des « pillages » en marge de la manifestation du samedi 17 octobre. Le pouvoir tente ainsi de sauver la face par le volet juridique, après l’échec qu’il a essuyé face à une contestation massive dans les rues par laquelle il a été dépassé.
Mercredi 21 octobre, au tribunal correctionnel de Bobigny, ce sont des jeunes qui ont pris part à des manifestations, se sont rassemblés ou étaient présents devant des magasins « pillés », dimanche soir, qui passent à la barre. Les accusations à leur encontre ne sont pas toujours fondées sur des preuves de culpabilité, mais les réquisitions du ministère public restent très sévères, conformément à la demande du ministre de la Justice Gérald Darmanin. Il a annoncé, lundi soir, 2 513 gardes à vue et 67 incarcérations.
« J’ai demandé [au procureur de la République] d’être extrêmement ferme, impitoyable envers ceux qui ont attaqué des policiers […] pillé des commerces et attaqué des bâtiments publics », avait réclamé le garde des Sceaux. Le ministre de la Justice avait par ailleurs envoyé « une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ». Une décision qui a permis de prolonger les gardes à vue de 48 à 72 heures de « faire des géolocalisations des écoutes téléphoniques [permettant] de savoir […] où [les prévenus] étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies ».
Dans ce contexte, Me Alassane Touré, conseil de Bilel M., appelle le président du tribunal judiciaire, assure-t-il, à la mesure et à la…
Auteur: Fatoumata Sillah
