JE NE COMPRENDS TOUJOURS PAS LA HAINE
Je ne la comprendrai jamais.
On met une mère de deux enfants en prison depuis quinze jours parce qu’elle a envoyé et convoyé de l’aide humanitaire au Donbass et soutenu une campagne d’affichage au slogan de paix « La Russie n’est pas mon ennemi ».
Et le 27 novembre, alors même que je rédigeais mon précédent article intitulé « L’affaire Anna Novikova ou la cabale infernale du nouvel État français [1] », la chaîne YouTube de SOS Donbass – quatre cents vidéos de convois humanitaires filmés, lait infantile, fauteuils roulants, jouets – a été effacée en une seconde. Preuve supprimée, crime parfait.
DES ESPIONS QUI SE FILMENT EN HD
On parle de « nid d’espions » alors que ces gens ont passé dix ans à tout publier, tout filmer, tout justifier. Des « espions » qui se filment distribuant du lait infantile, postent leurs convois sur YouTube, signent des pétitions, collent des affiches en plein jour. Des « agents dormants » qui militent ouvertement pour la paix, manifestent devant l’Arc de Triomphe, donnent des interviews. Quelle étrange clandestinité ! Si c’est ça l’espionnage russe, le FSB recrute décidément chez les clowns. À croire que nos services DGSI, si prompts à « décrypter » des activités humanitaires filmées en HD et diffusées publiquement, auraient mieux fait de s’abonner directement à la chaîne YouTube « SOS Donbass ».
LA PRESSE S’EN RÉGALE
Titres assassins : « Trois espions russes présumés écroués » (Le Figaro), « Nid d’espions pro-russes démantelé » (LCI), « Ils filmaient les usines Caesar » (BFMTV) – alignés au mot près, sans la moindre investigation, sans une question élémentaire, se contentant de glaner les commérages des voisins à Pau pour faire couleur locale.
Les griefs officiels ? Secret-défense. Les preuves ? Scellées. Le dossier ? Inaccessible. On ne sait rien, mais on condamne.
Elle ne…
Auteur: Cassandre G

