« On peut faire de la cybersécurité et être écolo », introduit Xavier, ingénieur informatique, l’œil malicieux. On peut… jusqu’à un certain point. Il y a un an, ce jeune quadragénaire a démissionné d’un poste stratégique et confortablement rémunéré au service de la plus puissante multinationale française : TotalEnergies. Au nom de ses convictions écologiques.
En ce mois de septembre, attablé à une brasserie parisienne, son débit de parole est empressé. Comme s’il avait attendu trop longtemps ce moment de partir — et d’en parler. Cette démission est « préparée de longue date », glisse-t-il, avec un brin de mystère. Discret de nature, il précise d’emblée ne vouloir être le porte-parole de personne. « Je veux juste apporter ma pierre à l’édifice. »
Après huit ans à travailler en France comme informaticien dans une entreprise de vidéosurveillance, Xavier a été embauché en 2019 par Bechtle, leader européen de prestation en informatique. Sa mission : assurer la cybersécurité de TotalEnergies Gas & Power. « Je savais très bien pour qui je travaillais », admet-il. Le grand public, un peu moins. Toutes aussi puissantes que méconnues, TotalEnergies Gas & Power (TGP), basée à Londres, et Totsa, basée à Genève, sont les deux sociétés de trading du pétrole et du gaz de la multinationale.
Cette activité de trading consiste à acheter et revendre des matières premières sur les marchés financiers. Au sein de TGP, les traders négocient le prix du gaz et de l’électricité. Totsa gère, de son côté, le négoce des produits pétroliers. Le but : dégager un maximum de marges pour le groupe TotalEnergies. Marges qui lui permettent d’accroître sa puissance sur le marché financier et de déployer ses activités sur le terrain.
Des milliards de bénéfices par des sociétés de trading opaques
Tandis que les actions citoyennes et articles journalistiques ciblent souvent…
Auteur: Maïa Courtois

