Pierre, agriculteur à Oisy-le-Verger : « Nous agriculteurs, on ne vit pas des sous du canal »
La première fois que Pierre a entendu parler du projet de Canal Seine-Nord Europe (CNSE) il était au collège. Aujourd’hui, il a 33 ans et a repris l’exploitation familiale il y a trois ans. Le CSNE n’est plus un projet abstrait mais une réalité qui lui a déjà pris six hectares. Sa parcelle servira notamment à entreposer les mètres cubes de terre excavée du chantier. « Les responsables disent qu’ils nous rendront nos terres, qu’elles seront toujours bonnes à cultiver car ils vont trier la terre végétale, la détasser… J’ai des doutes, car une terre chaulée est morte », lâche-t-il, un brin excédé. Le manque d’information et la communication lacunaire des promoteurs nourrit ce mécontentement.
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Lors d’une réunion organisée par la Société du CSNE, les agriculteurs des environs d’Oisy-le-Verger apprennent qu’une route de travaux passera au milieu de plusieurs champs. Une « emprise temporaire » va empiéter sur plus d’hectares que prévu, et tout sera clôturé « pour des raisons de sécurité ». « C’était hors de question pour nous. Comment aller sur nos terres situées de chaque côté de cette route ? demande Pierre. On n’a pas trop eu le choix. Et leur réponse était toute trouvée : on pouvait faire des détours, et ils pouvaient nous indemniser », poursuit-il. Dès le lendemain de la réunion, la clôture était posée.
C’est un gros gaspillage d’argent public.
Sans connaissance exacte du tracé pendant de longues années, il était difficile d’anticiper et d’adapter la méthode de travail, car les risques de perdre de l’argent…
Auteur: Vanina Delmas

