Un spectre semble agiter à nouveau le milieu de la psychiatrie et de ses institutions, un spectre qui ne cesse d’osciller entre volonté de réforme progressiste et volonté d’abolition. Malgré une série de réformes, le système psychiatrique reste intrinsèquement violent dans ses formes matérielles (enfermement en institution, contention physique et chimique) et de sujétion. Cette question n’est pas neuve.
Aujourd’hui, des tentatives de réactivation et de sauvegarde de ses acquis les plus réformistes se font néanmoins entendre face aux politiques de rentabilité néolibérales qui s’attèlent agressivement au démantèlement et à la destruction de ce qu’il subsiste des institutions publiques. Une histoire reste cependant très minoritaire : celle de la constellation révolutionnaire qui, en France, s’est opposée activement tant à la critique de l’asile que du mouvement réformateur de la sectorisation.Je ne serai plus psychiatrede Gérard Hof en est l’une des transmissions possibles.
Au début des années 1970, en plein essor de la sectorisation, Gérard Hof est un jeune psychiatre encore plein d’illusions sur la possibilité d’une relation humaine, mais aussi révolutionnaire et sociale, du soin psychiatrique. Il n’aura pas d’autre choix que de déserter l’institution tant la critique depuis l’intérieur est rendue impossible dans l’isolement qu’elle produit. Son récit très brut nous raconte la trajectoire, d’abord solitaire, de sa radicalisation contre l’institution psychiatrique de l’hôpital du Vinatier à Lyon jusqu’à sa désertion tout aussi radicale.
Republier Je ne serai plus psychiatre s’effectue contre un double oubli. L’oubli de la séquence minoritaire qui a agité politiquement la discipline psychiatrique, et l’oubli de la trajectoire politique intense de Gérard Hof qui fut compagnon de route du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR), du Sozialistisches…
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Auteur: dev

