Il est à peine 8 heures devant le lycée agricole de Saint-Aubin-du-Cormier, à 30 kilomètres de Rennes, et il y a déjà du monde pour bloquer l’établissement, ce mardi 13 octobre. La plupart des personnes présentes sont enseignantes, mobilisées pour défendre leur élève, Vassiriki, 21 ans, sous la menace d’une expulsion vers la Côte d’Ivoire.
« Nous avons été informés le 1er octobre que tous les recours contre l’obligation de quitter le territoire français [OQTF, ndlr] étaient épuisés et que Vassiriki était désormais sous la menace d’une expulsion, explique Christophe, un café chaud à la main. Nous avons décidé assez vite de bloquer notre établissement, à partir du 5 octobre. » Depuis, iels n’ont pas bougé et ont été rejointes par des parents, des élèves et d’autres membres du personnel du lycée.
Yoann était élève en CAP avec Vassiriki dans ce lycée de Saint-Aubin-du-Cormier. Il vient régulièrement sur le blocage pour aider son ami.
Nolwenn Weiler
« Dès le mardi 6 octobre, nous avons eu un rendez-vous à la préfecture, on s’est dit que c’était bon signe. Mais c’était en fait pour nous expliquer le dossier de Vassiriki, que nous connaissons très bien », regrette Valentin, qui n’avait jamais fait grève avant. Leurs espoirs de voir l’affaire réglée rapidement sont douchés, mais pas leur détermination, intacte après dix jours de blocage. L’injustice faite à leur élève leur semble d’autant plus grande qu’ils estiment son parcours « exemplaire ».
Promesse d’embauche
« Il est arrivé seul en France en octobre 2021, âgé de 16 ans, rapportent les enseignantes dans les courriers adressés à la préfecture. Après une remise à niveau en français, il intègre le lycée agricole en septembre 2022. Deux ans plus tard, il décroche son CAP agricole jardinier-paysagiste avec la mention « très bien », ainsi que la meilleure note de la région à…
Auteur: Nolwenn Weiler
