Graphiste reconvertie en AESH, Cécile a été aidante de son compagnon pendant près de cinq ans. Elle raconte l’épuisement dans un quotidien bouleversé par l’accident vasculaire cérébral de son partenaire, où elle a dû jongler entre la gestion de sa famille et les nombreuses tâches administratives. Elle demeure marquée à vie par cet évènement.
Tout a commencé un jour ordinaire, en 2018. Mon compagnon a fait un grave AVC au travail. Tout a basculé en quelques heures. Nous venions d’acheter une maison un an auparavant et nous avions eu un enfant ensemble, âgé de 18 mois au moment de l’accident. Mon compagnon a passé un mois en réanimation, puis neuf mois dans un centre de rééducation. Il a dû réapprendre à tout faire : s’asseoir, manger, marcher, parler. J’allais à son chevet tous les jours, week-end inclus, avec notre fils. Voir l’homme que j’aime repartir de zéro a été un choc. Je me souviendrai toujours du jour où il a simplement réussi à rester assis quelques minutes. Il transpirait comme après un marathon.
Je me suis retrouvée à jongler entre ses soins quotidiens et l’éducation de mes trois enfants.
Quand il est revenu à la maison en septembre 2019, j’ai dû réorganiser toute notre vie. Je me suis retrouvée à jongler entre ses soins quotidiens et l’éducation de mes trois enfants. Je n’ai pas pris conscience tout de suite que nous étions devenus aidants, les enfants et moi. Il m’a fallu du temps. Pendant les premières années, je me suis battue pour qu’il bénéficie de toutes les rééducations possibles. De son côté, il s’est battu pour progresser. Nous sommes dans une zone isolée médicalement, et nous avons parcouru parfois des kilomètres pour trouver des praticiens.
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