Paris, reportage
Si c’était l’ouverture du bal de la rentrée sociale et militante, on aurait dit une boum. Entre l’Accor Arena et le ministère de l’Économie, sur l’esplanade régulièrement balayée par les revendications, quelques centaines de personnes agitent des drapeaux verts et bleus. Une grosse « bombe climatique » gonflable — apportée par les Scientifiques en rébellion — vole au-dessus des têtes, les t-shirts rouges de France Nature Environnement (FNE) se multiplient et une fanfare finit par sortir trombones et flûtes traversières.
À quelques mètres, derrière ses grilles et ses façades massives, Bercy reste Bercy : c’est ici que les manifestants sont venus réclamer ce 15 septembre que le budget de l’État se souvienne de l’été qu’on vient de passer. Quatorze cars de CRS soigneusement alignés se feraient presque oublier. Il est 19 heures, les policiers se distribuent leurs rations : taboulé sous plastique et yaourts nature. Certains jouent aux cartes. On ne sait jamais, la fanfare pourrait dégénérer.
Estimant qu’il « n’est pas possible de faire abstraction de ce qui s’est passé cet été », et que les réponses du gouvernement ne sont « pas à la hauteur », Jean-François Julliard, directeur général de FNE, espère lancer une dynamique de mobilisation jusqu’au vote parlementaire du budget.
Derrière cette petite fête de rentrée, l’ambition est très sérieuse. Après l’été 2026, ses canicules, incendies, sécheresses et restrictions d’eau, plus de cinquante organisations — de FNE au syndicat Solidaires en passant par Greenpeace, Médecins du monde, etc. — sont venues réclamer davantage de moyens pour l’adaptation : augmentation du Fonds vert pour les collectivités, plan « grand chaud », taxation des entreprises des énergies fossiles. L’enjeu est justement de ne pas laisser septembre ensabler les braises et la sueur de l’été.
« Ça va être…
Auteur: Laure Noualhat, Mathieu Génon
