Discours de Julian Assange mardi matin devant la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) :
Mesdames et messieurs, la transition entre des années de confinement dans une prison à sécurité maximale et la présence ici devant les représentants de 46 nations et de 700 millions de personnes est un changement profond et surréaliste. L’expérience de l’isolement pendant des années dans une petite cellule est difficile à décrire. Elle efface le sens de soi, ne laissant que l’essence brute de l’existence.
Je ne suis pas encore tout à fait capable de parler de ce que j’ai enduré. De la lutte acharnée pour rester en vie, tant physiquement que mentalement. Je ne peux pas non plus parler de la mort par pendaison, du meurtre et de la négligence médicale de mes codétenus.
Je m’excuse par avance si mes propos manquent de justesse ou si ma présentation manque de raffinement auquel on pourrait s’attendre dans un forum aussi prestigieux. L’isolement a fait des ravages. J’essaie de m’en défaire. Et m’exprimer dans ce contexte est un défi. Cependant, la gravité de la situation et le poids des enjeux m’obligent à mettre de côté mes réserves et à vous parler directement.
J’ai parcouru un long chemin, au sens propre comme au sens figuré, pour être devant vous aujourd’hui, avant notre discussion ou pour répondre à vos éventuelles questions. Je tiens à remercier l’APCE pour sa résolution de 2020, qui stipulait que mon emprisonnement constituait un précédent dangereux pour les journalistes. J’ai noté que le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture avait demandé ma libération. Je suis également reconnaissant à l’APCE pour sa déclaration de 2021, exprimant son inquiétude face à des informations crédibles selon lesquelles des responsables américains auraient à nouveau évoqué mon assassinat, et demandant ma…
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Auteur: Julian ASSANGE

