« Je suis sortie de chimio endettée » : le cancer du sein appauvrit les femmes

À l’annonce de son deuxième cancer du sein en 2024 à 49 ans, Fleur Breteau se souvient de sa première inquiétude : « Ce n’était pas de savoir si j’allais m’en sortir mais si j’allais pouvoir continuer à bosser. Sinon comment j’allais tenir financièrement ? »

La créatrice du collectif Cancer Colère, qui milite depuis 2025 pour politiser la maladie en la liant directement aux politiques agricoles et à l’usage des pesticides, était alors consultante indépendante en responsabilité sociale des entreprises (RSE). « Je venais de reconstruire ma vie professionnelle après un premier cancer du sein en 2021, je savais que mes indemnités allaient être pourries car elles sont calculées sur la moyenne des revenus des trois dernières années », explique la quinquagénaire.

Six fois plus de risques de se faire quitter par son partenaire

Dans le deuxième pays au monde le plus touché par le cancer du sein selon le Centre international de recherche sur le cancer, avec 61 000 nouveaux cas et 12 000 décès chaque année, la maladie précipite de nombreuses femmes, comme Fleur Breteau, dans la précarité.

Quelques jours avant son opération, « l’angoisse d’assurer mes revenus était presque plus grande que celle de l’ablation de mon sein droit », se souvient-elle. Pour payer ses factures comme son loyer, « des amis m’ont prêté de l’argent, je suis sortie de chimio endettée. Et encore j’ai de la chance de pouvoir compter sur eux, j’ai croisé des femmes en traitement obligées d’aller aux Restos du Cœur ».

La militante poursuit : « Les industriels de la chimie et des cosmétiques font des profits au mépris de notre santé en vendant des produits cancérigènes ou perturbateurs endocriniens et les femmes en paient le prix en tombant malades et en plongeant dans la pauvreté. » Celles qui paient le prix fort sont, bien sûr, les plus précaires, davantage exposées aux polluants de par leur…

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Auteur: Jeanne Cassard