« Je voulais raconter la condition des femmes noires »

Dans Sous nos peaux, Maïram Guissé, s’adresse à sa fille à travers une lettre ouverte intime et engagée. Elle présente huit femmes noires et métisses qui ont marqué sa vie, figures de transmission et de sororité. L’autrice aborde les réalités auxquelles sa fille pourrait être confrontée : racisme ordinaire, sexisme, discriminations au travail, rapport aux cheveux texturés ou au corps, dans les espaces publics comme professionnels. Elle dépeint ces femmes dans leur quotidien, leur intimité, loin des stéréotypes. Marquée par une enfance et une adolescence sans modèle auquel s’identifier à la télévision, au cinéma ou dans les livres, Maïram Guissé signe un livre d’amour et de transmission, mêlant regard journalistique et récit personnel.

Vous abordez dans votre livre, une question récurrente : « Tu viens d’où ? » , à laquelle vous répondez avec ironie. Comment cette question a-t-elle marqué votre construction identitaire, et le rapport que vous entretenez au fait de vous rattacher à une origine ?

Maïram Guissé : Depuis petite, c’est une question qu’on m’a toujours posée. Je suis née et j’ai grandi en France mais on m’a toujours renvoyé à mes origines du fait d’être noire. Je n’ai pas tout de suite compris la charge raciale derrière ce « Tu viens d’où ? ». C’est quelque chose que j’ai conscientisé très tard, notamment à travers le travail de chercheurs dont celui de Maboula Soumahoro. Je me suis ensuite demandée pourquoi est-ce qu’on me pose tout le temps cette question alors qu’à l’inverse, je ne la pose pas systématiquement.

On vient tous de quelque part.

Très vite, j’ai commencé par répondre : « Je viens de Canteleu en Normandie ». Je laissais sciemment ce malaise pour que la personne en face de moi réfléchisse au sens et à l’intérêt de cette question. J’ai compris ce que ça racontait : il faut toujours prouver…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Kamélia Ouaïssa

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com