« Je vous écris depuis une cellule exiguë, loin de ma terre »

Je m’appelle Ali. Je suis né dans la ville de Naplouse, et ma famille est originaire de Jaffa, d’où elle a été expulsée de force lors de la Nakba, en 1948. Ma famille s’est ensuite installée dans le camp de réfugié·es de Balata, près de Naplouse, où j’ai grandi dans un environnement instable, vivant sous le poids et la peur constante de la violence du colonialisme.

Depuis mon enfance, ma vie a été toute sauf ordinaire. J’ai grandi en assistant à des arrestations et des raids nocturnes et en voyant des soldats lourdement armés patrouiller dans les rues du camp. Mais l’événement qui a bouleversé ma vie à jamais s’est produit lorsque j’avais quatorze ans. Mon petit frère, Muhammad, qui n’avait que huit ans, mangeait paisiblement, juste devant notre maison lorsqu’un soldat de l’armée d’occupation israélienne a tiré une balle qui l’a atteint en plein cœur.

Mon frère s’est effondré sous nos yeux. Il est mort avant que nous ayons pu faire quoi que ce soit pour le sauver. Les forces d’occupation nous ont même interdit de l’enterrer pendant trois jours. À ce moment-là, je n’ai pas seulement perdu mon frère. C’est mon enfance tout entière qui m’a été volée.


Sur le même sujet : Salah Hammouri : « La détention administrative a été un moyen de détruire la société palestinienne »

Mais ce n’était pas la seule tragédie que ma famille ait dû affronter. Mon père lui-même a été arrêté à plusieurs reprises. Et le harcèlement de l’occupation l’a suivi toute sa vie, même le soir de ses noces, lorsque des soldats ont pris d’assaut notre maison et l’ont emmené. Malgré son absence, ma mère a insisté pour que le mariage ait lieu, tentant de préserver ce qui lui restait de dignité face à une…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur:

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com