Jean-Luc Moudenc instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme pour diffamer la solidarité avec la Palestine

Alors que les commémorations liées à l’occupation nazie et au génocide de 6 millions de Juifs devraient inviter au recueillement et à la mémoire, Jean-Luc Moudenc se vautre dans un discours politicien instrumentalisant le nécessaire combat contre l’antisémitisme.

Celui-ci affirme notamment que l’antisémitisme d’aujourd’hui « se confond parfois avec l’anti sionisme ; il suinte dans les discours les plus haineux prônant la délégitimation de l’Etat d’Israël ». Etonnamment, nous découvrons que le maire de Toulouse est capable de comprendre que l’antisionisme n’est que « parfois » de l’antisémitisme. Même s’il est évident que des antisémites notoires instrumentalisent la notion d’antisionisme, comme le militant d’extrême droite Alain Soral, c’est un procédé malhonnête de considérer l’antisionisme comme un nouvel antisémitisme. En effet, l’antisionisme est un mouvement qui est né en opposition à l’émergence du sionisme, une idéologie coloniale et raciste fondée au XIXᵉ siècle en Europe. L’antisionisme est donc un engagement contre un projet de colonisation de peuplement en Palestine qui prétend se réaliser en confisquant et dénaturant l’histoire juive. L’antisionisme est aussi une proposition politique faite aux Juifs du monde dont la mémoire et les identités sont instrumentalisées pour justifier un projet politique profondément réactionnaire. Comme le disait déjà le Réseau International Juif Antisioniste – IJAN dans sa charte fondatrice : « nous protestons contre l’exploitation et l’avilissement par le sionisme des histoires de persécution et de génocide juifs pour justifier l’injustifiable – la colonisation de la Palestine et le nettoyage ethnique des Palestiniens, le vol de leurs terres et la destruction de leurs familles, de leurs communautés et de leur mode de vie. »

Par ailleurs, le maire de Toulouse veut assimiler « la délégitimation de l’Etat d’Israël » à une forme moderne d’antisémitisme. Cela démontre la fébrilité des partisans de la colonisation sioniste face au mouvement croissant pour la justice en Palestine. Aux antipodes de ces allégations, le mouvement de « délégitimation » de l’occupation israélienne et de l’apartheid est au contraire une proposition anticolonialiste conséquente. Au même titre que les États-Unis ou le Canada, Israël est une colonisation de peuplement. S’opposer à leur légitimité en tant que structure c’est s’opposer à un projet politique. À ce sujet, l’écrivain et…

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Auteur: IAATA