Mes amis s’inquiètent…
J’écris de moins en moins sur mon blog « humanite.fr ». Ce blog communiste était devenu un espace iconoclaste de colères, de passions, de propos et d’analyses décalés, voire d’intimités, de complicités militantes, de provocations jamais gratuites, de fidélité à une histoire, à des valeurs, celles de ma naissance et de mes classes militantes au pays de Jaurès (« qu’il » a, sans scrupules, tenté de « macroniser »), au pays des prolétaires du textile, de la sidérurgie, de la mine… La CGT, le PCF, l’Amérique « latine », mon père Enrique, la lutte des classes, l’école publique laïque, « l’ascenseur social », ont fait le reste. J’écris de moins en moins sur mon blog, soyons sincère, tout simplement à cause d’un diable de scanner qui a marqué un avant et un après. Sidérant. Un nom de code qui te glace.
L’ennemi s’est infiltré en toi.Il voudrait te voiler le soleil, celui qui allume le courage, celui qui refuse de n’éclairer que lui. Il prétend t’encrasser la tronche, te filer le blues de la défaite. Il te confronte au flux incessant d’insomnies hantées de présents et de souvenirs difficiles. Mais il est des insomniaques qui guettent angoissés l’aurore afin de reprendre la marche, chaque jour plus claudicante. En vain ? Le sens du monde n’est-il pas dans cette marche, fût-elle incertaine ? La marche partagée, au rythme de chacun.
« L’ennemi interne » appelle un combat essentiel, contre toi-même. Il voudrait te laisser seulement la liberté, surveillée, de tourner autour de ton nombril devenu par trop nombrilique, alors qu’il reste tant de combats ensemble à mener, tant de barricades à dresser, tant d’horizons à conquérir.
Cet ennemi devient un autre toi, un double obstiné qui résiste à tout acharnement propulsif. N’est-ce pas précisément cet acharnement qui compte ? Qui vaut une vie ? Des combats peuvent être perdus : jamais…
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Auteur: Jean ORTIZ

