« J’essayais de faire au mieux, sans penser aux conséquences pour moi »

« Notre pays tient, tout entier, sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. » Martine fait partie de ces travailleuses « essentielles » qu’Emmanuel Macron mettait en avant, le temps d’une allocution, durant la pandémie de covid-19. Aide-soignante à l’hôpital de Saint-Avold depuis 1981, elle a travaillé au sein du service de réanimation, dans lequel elle a été exposée aux rayonnements ionisants. « Tous les jours ou presque, on faisait passer des examens aux patients, sans aucune protection », glisse-t-elle. Et elle y a travaillé 1 112 nuits sur plus de 30 années à l’hôpital.

En 2016, on lui diagnostique un cancer du sein. Elle a alors 58 ans. Sur le coup, la possibilité que son travail soit à l’origine de sa maladie ne lui traverse même pas l’esprit. « Je ne savais tout simplement pas que j’avais été exposée à des facteurs de risque. Personne ne nous en a jamais parlé. » Trois ans après le diagnostic, et alors qu’elle a repris le travail, une collègue lui transmet un questionnaire sur le cancer du sein. Ces douze pages de questions ont été conçues par la CFDT, qui, en Moselle, s’attaque au sujet des origines professionnelles des cancers du sein.


Sur le même sujet : « Métiers féminins » : les « essentielles » maltraitées

Après l’avoir rempli, elle l’envoie à la CFDT, qui prend contact avec elle. Ensemble, ils examinent de près son dossier. Ils concluent à la possibilité d’engager une procédure de reconnaissance de son cancer du sein en maladie professionnelle. L’aide-soignante a, en effet, de nombreux facteurs de risque professionnel, avec une importante exposition aux rayonnements ionisants et de très nombreuses nuits travaillées. A contrario,…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pierre Jequier-Zalc