Elles pensaient se rendre à un rendez-vous de routine, obtenir des conseils, des recommandations, un renouvellement de pilule, une palpation, un frottis – une pratique toujours intime, souvent douloureuse, parfois gênante si le médecin est un homme – mais habituelle. Finalement, la consultation était « tout sauf un examen médical », comme le résume l’une des victimes citées dans ce que beaucoup considèrent comme « la plus grande affaire des violences gynécologiques ».
Dans l’ordonnance de mise en accusation du Dr Phuoc-Vinh Tran du 3 mars 2025 que Politis a pu consulter, les paragraphes qui décrivent en quelques lignes les auditions des plaignantes noircissent près de quarante pages. Ils renseignent sur la manière dont le médecin gynécologue, qui a exercé pendant trois décennies dans le Val d’Oise, aujourd’hui à la retraite et placé sous contrôle judiciaire, aurait commis des violences sexuelles sur de nombreuses patientes pendant des années.
Si le docteur nie les faits, il reste accusé de 92 viols et 25 agressions sexuelles, avec plus de 130 plaintes, dont certaines prescrites ou partiellement prescrites. Dans ses conclusions, la juge Anaëlle Prade affirme que « l’autorité naturelle et morale qui découle du statut professionnel du mis en examen a nécessairement exercé sur les patientes une forme de contrainte, en se remettant pleinement au docteur Phuoc-Vinh Tran lors de ses consultations, qui avait ainsi la libre disposition de leur corps ».
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Auteur: Hugo Boursier

