« J'étais comme toi avant » : quand des travailleurs immigrés font le « sale boulot » dans les centres de rétention

Le gouvernement veut atteindre 3000 places en centres de rétention administrative (CRA) en 2027. Soit le double des capacités qui existaient à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017. Ce « plan CRA » en cours implique des extensions et la construction de nouveaux centres (à Dijon, Oissel, Nantes, Béziers, Aix-en-Provence, Goussainville, Nice, Olivet, Mérignac, Mayotte, Dunkerque).

Pour rappel, ces centres de rétention servent à enfermer les personnes étrangères considérées comme étant en situation irrégulière ou devant être expulsées. Les personnes y sont placées d’abord sur simple décision administratives (pendant quatre jours maximum) puis la mesure d’enfermement peut être prolongée sur décision de justice pendant 26 jours, puis pendant encore 30 jours.

Ces projets d’extension et de construction se font dans le cadre de partenariats public-privé, l’État déléguant une partie de la gestion à des entreprises privées. À l’intérieur des CRA, des prestataires privés interviennent aussi pour des missions de plus en plus étendues. La sous-traitance du contrôle migratoire demeure pourtant un angle mort du débat public.

Dans son ouvrage Comme on les enferme (La Découverte, février 2026), la sociologue Louise Tassin met enfin cette question sur la table. Grâce à une plongée inédite dans le quotidien d’un CRA francilien, son enquête de terrain met en lumière celles et ceux que l’on ne voit jamais : les employées de ces entreprises. Une main-d’œuvre en grande majorité immigrée, précaire, dont la trajectoire sociale a souvent croisé celle des étrangeres retenues. Entretien.

Basta! : À quel point la sous-traitance est-elle développée dans les centres de rétention ?

Louise Tassin est sociologue, postdoctorante au Centre européen de sociologie et de science politique de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne/CNRS.

©Catherine Chevallier

Louise Tassin : Le…

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Auteur: Maïa Courtois

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