Jeter le Gégé avec l'eau du bain

Je dois bien avouer que je n’ai jamais idolâtré Depardieu. Les Valseuses je n’ai jamais voulu le voir, j’ai toujours senti qu’il y avait là quelque chose d’intenable pour moi. Un jour à table alors que la discussion tombe sur le film quelqu’un lâche, oui mais elle kiffait ça en vrai se faire violer. Cette phrase me précipite dans une crise d’angoisse dont je mets plusieurs heures à sortir. Aujourd’hui je regrette de m’être infligée ce silence à moi-même, comme tant de fois, je me dis que j’aurais dû lui expliquer comment ça fait de kiffer se faire violer, les sentiments qui s’emparent de vous et vous détruisent, la honte dont on ne se débarrassera plus, et comme ces choses-là vous poursuivent.

Catherine Millet, qui a l’élégance de signer une fois de plus une tribune politiquement incorrecte vous diront-ils, abjecte dirai-je, a dit et répété, comme ça, dans les médias, qu’elle aurait aimé se faire violer pour montrer qu’on s’en remet. Sachez que vous ne nous apprenez rien chère madame, car figurez-vous, le monde est rempli de personnes qui tant bien que mal s’en sont remises, qui tant bien que mal survivent et qui trop souvent encore se taisent. Car trop souvent encore, on retourne la violence contre soi, parce qu’on n’a pas la force de s’opposer à toute une culture et à ce genre de consensus, que Les valseuses c’est un chef-d’œuvre point, que l’art c’est l’art, et puisque qu’on ne l’a même pas vu alors, on se tait.

Il faut que je creuse loin pour avoir quelques images de lui à la télé, on n’était pas chez moi féru de cinéma français. En grandissant je n’ai jamais senti quelque attirance que ce soit envers lui, et étonnamment rattrapant ma culture cinématographique, j’ai comme toujours évité les films dans lesquels il jouait. Ce ne fût pas exactement conscient, plus comme s’il y avait instinctivement quelque chose qui me rebutait dans cette figure….

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Auteur: dev