Trois coups de marteau, et on remballe. Le 22 novembre, la 30e édition des conférences onusiennes sur le climat a pris fin dans une totale confusion, devenue coutumière de ces grands raouts. À l’heure d’établir le compte rendu de cette quinzaine prédomine le goût amer d’un rendez-vous manqué… et celui d’un embarrassant paradoxe. Quelque 297 trajets en jets privés et avions d’État à destination de Belém ont été effectués sur la seule période de la COP30.
À titre de comparaison, 186 trajets avaient été réalisés à destination de l’aéroport international il y a un an, aux mêmes dates. Tirés d’une enquête conjointe de Reporterre et du collectif Mémoire vive, ces chiffres traduisent ainsi un bond de 60 % du trafic lors de ces négociations, pourtant censées œuvrer à la lutte contre la crise climatique.
La carte prend en compte la fin des trajets, après une escale éventuelle. Il est possible de se déplacer sur la carte avec deux doigts sur mobile, de zoomer-dézoomer et de cliquer sur un vol pour voir les détails de son empreinte carbone. © Mémoire vive
À l’origine du compte Instagram intitulé L’Avion de Bernard, Mémoire vive accumule des centaines de données pour mieux recenser le ballet d’avions privés se jouant au quotidien dans l’atmosphère. Cette fois-ci, leurs radars se sont braqués sur les vols à destination de la capitale amazonienne, ville hôte de la conférence, du 5 au 23 novembre. Une fourchette temporelle débutant à la veille du sommet des dirigeants et s’achevant au lendemain du clap de fin de la COP30.
Avec une augmentation des vols en jets le temps de la conférence, ces nouvelles données illustrent l’éternelle difficulté des COP à s’extirper de l’emprise des plus grands pollueurs de cette Terre. En dépit des promesses formulées par le président brésilien Lula, d’après lesquelles les autochtones et la société civile devaient être au…
Auteur: Emmanuel Clévenot

