« Moi Je suis le Pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jean 6). Paroles folles et scandaleuses pour les juifs, les grands prêtres, les disciples…
Mais tout aussi scandaleux, le geste du lavement des pieds qui en est la clef et le couronnement. Nous sommes à la veille de la Passion ; au cœur du repas pascal : « Sachant que l’heure était venue de passer de ce monde à Son père, Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Soudain, Jésus se lève de table, se dépouille de ses vêtements, lave les pieds de ses disciples, un par un ; ceux de Judas aussi qui vient de le livrer. Et ce geste scandalise Pierre, car c’est un rituel de purification réservé aux esclaves païens ; ni un juif, ni un homme libre, encore moins un rabbi ou un maître en Israël, ne pouvait l’accomplir sous peine de se souiller irrémédiablement : « Mais Il s’anéantit lui-même prenant la condition d’esclave, se faisant semblable aux hommes… »
Jésus en se dépouillant de ses vêtements annonce et préfigure Sa nudité sur la Croix… Il ouvre la porte étroite de l’humilité ; la révèle, l’éclaire… Col resserré, vertigineux, risqué de l’amour ; on ne peut y pénétrer qu’anéanti, nu, donné sans retour ; jusqu’à l’extrême… jusqu’à la folie… car si « le grain ne tombe en terre, il ne peut porter du fruit. » Oui, l’amour véritable exige la mort ; c’est le sens profond du baptême : « Ne savez-vous pas que c’est dans la mort du Christ que vous êtes baptisés ? » La Croix ouvre l’horizon de la mort… elle écartèle le temps à Son éternité. Naissance.
Par ce geste du lavement des pieds, Jésus, l’agneau bientôt immolé, librement et par amour, ouvre un chemin de charité, de pauvreté joyeuse pour les…
Auteur: Véronique Lévy – Auteure d’Adoration, un recueil de poèmes d’amour à Dieu, Cerf.

