Je m’appelle Abdourahamane Keita, j’ai 16 ans et je suis délégué du collectif des jeunes du parc de Belleville. J’écris le récit de l’occupation de la Gaîté Lyrique à Paris depuis maintenant dix jours dans un carnet pour raconter notre lutte. Je parle en mon nom mais aussi au nom de tous les jeunes présents ici.
Depuis le 10 décembre, nous occupons la Gaîté Lyrique, un établissement culturel qui appartient à la Mairie de Paris. Nous sommes plus de 250 jeunes venus d’Afrique et d’autres coins du monde. Nous sommes des jeunes âgés de 15 à 17 ans, accompagnés par des soutiens.
Notre occupation de la Gaîté Lyrique est un moyen de revendiquer notre droit à un logement.
Arrivés en France, nous sommes tous passés par le centre d’évaluation pour la reconnaissance de notre minorité, qui l’a refusée. Pour contester cette décision, il faut passer par une audience avec un juge pour enfants. Mais pour avoir une audience au tribunal, il faut attendre entre 7 à 8 mois, voire une année. Pendant tout ce temps, nous sommes condamnés à passer la nuit dans des campements sous des tentes et sans aucun suivi. Nous sommes abandonnés par l’État français. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place un collectif, accompagnés par nos soutiens qui trouvent révoltant notre façon d’être traités par l’État français.
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Notre occupation de la Gaîté Lyrique est un moyen de revendiquer notre droit à un logement. En hiver, dormir dehors est un risque pour nous les jeunes. Nous ne sommes pas à la Gaîté Lyrique parce que le lieu est fait pour dormir, mais parce que nous voulons que la Mairie, la Préfecture et l’État prennent conscience de…
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