L’entrepreneuriat a toujours le vent en poupe. D’après l’Insee en 2022, 1 071 900 entreprises ont vu le jour. Ces dernières années, la création de nouveaux statuts a contribué à ce dynamisme (microentreprises, société par actions simplifiée, société par actions simplifiée unipersonnelle).
Il y a également derrière les motivations entrepreneuriales des aspirations profondes qui ont fait l’objet de notre travail de recherche récemment publié dans la Revue de l’entrepreneuriat. À partir d’entretiens menés auprès de 55 entrepreneurs, quatre grands types d’aspirations profondes, susceptibles de s’entremêler dans la pratique, ont été identifiés : la quête du bien ; la quête de la perfection ; la quête de l’aventure ; la quête du « métier-passion ».
L’enjeu, comme nous le montrons également, est de ne pas se laisser griser par ces aspirations. Il ne s’agit ni de les dénier ni de leur donner une place démesurée. Les entrepreneurs qui donnent du sens à leur travail sont ceux qui parviennent à rester sur une ligne de crête, pas toujours évidente à suivre, qui constitue un équilibre entre ces deux attitudes. Entre avril 2022 et mars 2023, la Banque de France a dénombré 45 120 défaillances d’entreprises contre 30 285 un an plus tôt.
La quête du bien et de la perfection
La quête du bien consiste à vouloir humaniser la société. Un entrepreneur dans le secteur de l’énergie n’a pas hésité à nous affirmer par exemple :
« Nous avons un impact sociétal fort, nous travaillons pour un souverain bien ».
Son objectif est de permettre aux employés de se déployer humainement en répondant à des besoins précis qu’ils sont parvenus à identifier :
« J’ai envoyé deux collègues en Afrique en leur disant : “C’est compliqué, faites attention à la nourriture, ne mangez pas ceci et cela. Les logements, c’est très basique”. Ils sont revenus deux semaines plus…
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Auteur: Sandrine Frémeaux, Professeur, Audencia

