« Jeunes mères », de Jean-Pierre et Luc Dardenne



Jeunes mères//Jean-Pierre et Luc Dardenne/1h45En salle

Il se disait ces derniers temps que Luc et Jean-Pierre Dardenne s’étaient enfermés dans une routine. Que leurs films ne surprenaient plus et tendaient à la démonstration. On caricaturait parfois leur façon de filmer, réduite à une sorte de gimmick : des plans séquences caméra à l’épaule, ciblant la nuque et le dos d’un personnage. Si cette manière caractérisait en effet des films comme Rosetta (1999) et Le Fils (2002), les frères n’en ont pourtant pas fait un système.

Jeunes mères, présenté en compétition, met de toute façon à bas ces idées arrêtées. Pour la bonne raison que ce film marque un renouvellement. Sur plusieurs points. Le premier est fondamental : Jeunes mères est une œuvre chorale. Les Dardenne ne s’y étaient jamais aventurés, n’ayant mis en scène jusqu’ici que des personnages solitaires (Rosetta, Deux jours, une nuit, La Fille inconnue) ou des duos conflictuels ou complices (Le Fils, Le Gamin au vélo, Tori et Lokita).

Or voici, au centre de leur nouvel opus, Jessica (Babette Verbeek), Perla (Lucie Laruelle), Ariane (Janaina Halloy Fokan), Julie (Elsa Houben) et, dans une moindre mesure, Naïma (Samia Hilmi). Des filles-mères encore dans l’adolescence ou qui en sortent à peine, la plupart célibataires. Toutes vivent dans la même « maison maternelle », située près de Liège, une institution dotée d’un personnel aidant, conseillant, soutenant, qui les encadre. Dès l’un des premiers plans, on voit l’une de ces professionnelles près de Jessica allongée avec son gros ventre, et qui lui demande si elle peut remonter son tee-shirt. Tout ici est dit et fait respectueusement vis-à-vis de ces jeunes filles, l’objectif étant qu’elles puissent voler de leurs…

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Auteur: Christophe Kantcheff

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