L’ESSENTIEL
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À la veille de la journée internationale du coming out, le 11 octobre, focus sur les jeunes ruraux lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et queers (LGBTIQ) et leur rapport au territoire.
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Contrairement à la représentation qui a longtemps prévalu, il n’y a pas lieu d’opposer une « ville refuge » à une campagne hostile pour cette jeunesse, confirme une enquête inédite.
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Cette enquête toute en nuances montre des expériences rurales diverses faites à la fois d’attachement au cadre de vie ou aux solidarités locales, mais aussi de discriminations et de contraintes.
Pendant des décennies, un même récit s’est imposé sans grande contestation : pour vivre son homosexualité ou sa transidentité, il fallait partir. Quitter le village, gagner la grande ville, y trouver l’anonymat protecteur qui rend le coming out possible, les rencontres accessibles et le quotidien plus respirable. En creux de ce récit se dessinait son envers : une campagne figée dans l’hostilité, le silence et parfois la violence.
Cette représentation opposant ville « refuge » et campagne « hostile » mérite aujourd’hui d’être interrogée à la lumière de travaux récents et d’une enquête nationale inédite sur les jeunesses lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et queers (LGBTIQ) rurales, détaillée dans notre ouvrage Fiertés d’ici : grandir LGBTIQ à la campagne (2026).
Il ne s’agit pas de substituer à cette opposition ville-campagne une nouvelle carte postale, celle de campagnes devenues soudainement accueillantes pour les LGBTIQ. L’enjeu est plutôt de comprendre ce que cette opposition binaire empêche de voir : des expériences rurales beaucoup plus diverses, faites tout à la fois de contraintes, d’attachements, de départs et de retours.
La fuite salvatrice, un imaginaire tenace
L’imaginaire de la fuite salvatrice imprègne la culture populaire. Dans Smalltown Boy, le clip…
Auteur: Arnaud Alessandrin, Sociologue, Université de Bordeaux
