Huit ans après les débuts du mouvement #MeToo en France, le collectif féministe NousToutes – créé la même année – a lancé une vaste enquête, intitulée #Féminoscope, pour passer au microscope le profil des féministes en France et la perception des luttes féministes aujourd’hui. Plus de 15 000 personnes (dont plus de 80 % de femmes) ont répondu au questionnaire largement diffusé sur les réseaux sociaux par le collectif d’associations. Un échantillon pas forcément représentatif de l’ensemble de la population, mais qui éclaire la perception du féminisme au-delà du premier cercle des militants.
Il en ressort un profil spécifique des féministes contemporaines : vivant très majoritairement en zone urbaine, il s’agit de jeunes femmes actives, dans le milieu de la vingtaine ou de la trentaine, ayant des revenus moyens ou modestes. La lutte contre les violences reste une priorité, tandis que d’autres sujets portés par les militantes font débat.
Un féminisme largement assumé
Premier constat : 98 % des répondants déclarent partager les valeurs féministes. 61,5 % assument sans problème l’étiquette de « féministe », tandis que 21,5 % déclarent partager des valeurs féministes sans pour autant s’identifier à ce terme. Seuls 15 % des répondants déclarent être de véritables « militants féministes ». Parmi les hommes ayant répondu (14 % de l’échantillon global), un tiers se considère comme « alliés » des féministes, en les soutenant.
Même s’ils ne se déclarent pas militants, la plupart des personnes ayant répondu témoignent d’engagements : 87 % ont déjà signé une pétition ; 71 % ont participé à une manifestation (comme pour la journée du 8 mars ou celle du 25 novembre contre les violences faites aux femmes) et 70 % ont relayé du contenu militant sur les réseaux sociaux.
Des jeunes femmes actives et modestes
Les féministes…
Auteur: Elisa Brinai

