- La loi Ripost, pour « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », a été adoptée par une majorité de députés du centre, de droite et d’extrême droite ce 21 juillet.
- Cette loi élargit la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle : la possibilité pour les policier de délivrer une amende en cas d’infraction sans recourir à une procédure judiciaire.
- Or, ces amendes, infligées par exemple si vous jetez un déchet par terre, en cas de tapage nocturne, ou pour ne pas avoir emprunté un passage piéton, sont laissées au pouvoir discrétionnaire des agents, qui peuvent en abuser.
- C’est le cas pour certains jeunes, racisés en général, ciblés par des contrôles systématiques et des milliers d’euros d’amendes pour des infractions parfois imaginaires.
- La chercheuse Aline Daillère les a rencontrés et raconte leurs quotidiens face à la police, dont peu de Français ont conscience faute d’y être confrontés.
Des enfants contrôlés par la police dès l’école primaire, verbalisés sans cesse à l’adolescence, accumulant plusieurs milliers d’euros d’amendes avant leur majorité… En France, la nature des rapports entre certains jeunes et la police est difficile à imaginer pour le reste de la population.
Le travail de recherche d’Aline Daillère, réalisé dans le cadre de sa thèse en science politique, apporte des éléments de compréhension et des précisions sur le vécu de ces jeunes, principalement issus de milieux populaires. La chercheuse a, notamment, démontré l’usage très fréquent du gaz lacrymogène sur ces jeunes ou des fouilles systématiques lors des contrôles, que l’on peut qualifier d’agressions sexuelles. Le tout, visant principalement des adolescents encore mineurs. Autrement dit, des enfants.
Lorsqu’Aline Daillère a décidé de s’intéresser à l’expérience des personnes multiverbalisées,…
Auteur: Emma Bougerol

