Jeunesse populaire et racisée : le procès permanent

À la suite des violences qui ont accompagné les célébrations de la victoire du PSG le 30 mai, un scénario bien connu s’est une nouvelle fois imposé dans le débat public. Pendant plusieurs jours, les plateaux de télévision, les éditorialistes et une partie de la classe politique ont condamné d’une seule voix la jeunesse populaire, souvent racisée, présentée comme un problème en soi. Lorsque Jordan Bardella, dès lundi sur BFM, affirme qu’« il n’y a plus aucune manifestation populaire qui peut se passer sans violences », il ne décrit pas seulement des faits. Il désigne implicitement des coupables.

Les jeunes des quartiers populaires, souvent issus de l’immigration, sont devenus au fil des années les suspects habituels du débat public.

Car chacun comprend de qui l’on parle : les jeunes des quartiers populaires, souvent issus de l’immigration, devenus au fil des années les suspects habituels du débat public. Cette mécanique est désormais bien rodée. En pleine canicule, quelques images de jeunes ouvrant des bouches d’incendie tournent en boucle. Un phénomène viral comme « Master Poulet » devient le symbole supposé d’une jeunesse sans repères. Après une victoire sportive, quelques dizaines de casseurs suffisent à résumer des centaines de milliers de personnes venues simplement faire la fête. À chaque fois, une minorité sert à raconter toute une génération.


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Le plus frappant est que cette logique ne s’applique pas à tout le monde. Quand des fêtes étudiantes ou des fêtes populaires, à l’instar des « férias », donnent lieu à des violences en tous genres et singulièrement à des agressions sexuelles, personne n’explique…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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