Hamada, 3 ans, est né dans un des campements de réfugié·es sahraoui·es. De même que sa mère Naïma, 25 ans. Son grand-père Ahmed avait 5 ans à peine quand sa famille a fui la guerre engagée par le Front Polisario pour la libération du Sahara occidental, en 1975. Le peuple sahraoui en exil dans les campements de Tindouf voit aujourd’hui naître la troisième génération d’enfants qui n’auront connu la mère patrie qu’en images et en récits.
Ce qui me fait rester, c’est l’espoir qu’un jour je vivrai au Sahara occidental.
Naïma
Alors que le le Front Polisario semble affaibli, sur les terrains militaire et diplomatique, l’horizon est plus bouché que jamais pour une jeunesse autorisée par les réseaux sociaux à rêver d’un avenir hors du désert et du mythe de la libération. « J’ai grandi ici, et ce qui me fait rester, c’est l’espoir qu’un jour je vivrai au Sahara occidental, confesse Naïma. Mais je crains que ce ne soit qu’une illusion… »
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Le discours officiel tient bon, pour sa part. Très affable, Brahim Mokhtar, ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en exil dans les campements, le martèle : « Nous avons payé avec nos vies, avec nos martyrs, et nous sommes convaincus que c’est notre devoir de nous battre jusqu’à la fin, parce qu’il est certain que le peuple sahraoui aura son indépendance, et sur l’intégrité du territoire du Sahara occidental. Mes collègues vous le diront, les petits enfants des écoles vous le diront, tout le monde ici vous le dira. C’est une lutte de générations, depuis cinquante ans, et personne n’a pu nous détruire. »
Auteur: Patrick Piro

