À moins d’un an de l’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris, la communication du Comité d’Organisation et de ses partenaires (médias, entreprises, État…) bat son plein en vue de construire « l’héritage immatériel des jeux ». Émissions télévisées consacrées aux JOP, interviews d’athlètes, consultants et organisateurs, publicités se rejoignent pour mettre en avant le logo de Paris 2024 et délivrer ce message hérité de l’idéologie coubertinienne de la fin du XIXe siècle : les Jeux olympiques et paralympiques constituent l’acmé d’un sport vertueux, porteur de valeurs positives qui irriguent la société tout entière. Le sport serait donc ouvert à la diversité, inclusif, éducatif, fraternel, moral.
Cependant, au-delà de l’impact éventuel – et discutable – du spectacle des JOP sur le taux de pratique sportive, la santé physique ou sur le « moral » des Français (en cas de victoire des athlètes français), l’approche de ce méga-événement sportif devrait également être le moment privilégié pour mener une réflexion sur le sens du sport, ses valeurs, ses fonctions et son rôle dans notre société. Le sport est-il éthique en soi ? La compétition sportive a-t-elle des vertus et lesquelles ? Au-delà des effets d’annonce, le sport sera-t-il réellement paritaire en 2024 ? L’héritage évoqué n’est-il pas qu’un exercice de communication et parle-t-il aux citoyens ?
Les futurs Jeux devraient être l’occasion de susciter auprès des publics des réflexions touchant aux domaines économique, politique, social ou environnemental à partir des recherches les plus récentes en sciences humaines et sociales et des débats citoyens développés par des opposants aux Jeux olympiques. Les arguments présentés constituent de précieux matériaux pour apprendre à penser nos sociétés.
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Auteur: William Gasparini, sociologue, professeur, Université de Strasbourg

