L’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) à Paris porte son lot de transformations urbaines et sociales. Déplacement des sans-abri, des exilé·es, expulsion des étudiant·es logé·es par le Crous, destruction de zones vertes : à cette liste déjà longue s’ajoute la crainte, pour les travailleuses du sexe de la capitale, d’une plus grande répression de leur travail et d’une précarité accrue. Avec des gestes et une voix posés, Aying explique ses craintes. Âgée de 65 ans, la présidente des Roses d’acier, association montée en 2014 par des migrantes chinoises travailleuses du sexe, raconte le quotidien qui a changé dans le quartier de Belleville.
« Maintenant, il y a un policier en civil qui vient tous les jours. Il essaye de retracer les appartements où on travaille, les propriétaires. Récemment encore, une femme a perdu son appartement. » Les contrôles poussent les prostituées à changer d’horaires, à travailler la nuit. Lorsqu’elles perdent leur appartement, elles sont contraintes de travailler dans des lieux plus dangereux, au domicile des clients ou dans des voitures. « Moi, je n’ai pas envie de faire ça. La nuit, c’est plus dangereux, on ne voit pas bien les clients, les gens sont ivres », poursuit Aying.
Contrôles au faciès
L’approche des JOP 2024 constitue une menace importante pour les travailleuses du sexe de Paris. Elles craignent de voir augmenter en flèche la répression directe et indirecte de leur activité. Les contrôles de police sont une des armes principales employées par la préfecture pour endiguer et surveiller le travail du sexe. Celui-ci ne constitue ni un crime ni un délit, mais depuis la loi de 2016, qui criminalise les clients, la police possède beaucoup de leviers pour le rendre impossible.
« Les contrôles sont répétés et discriminants, explique Ting, coordinatrice des Roses d’acier. On est vulnérables, une…
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Auteur: Giovanni Simone

