Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), reportage
Ruban tricolore, ciseaux dorés, petits fours et parterre d’élus en écharpe. La mise en scène est soignée, mardi 23 avril à Champigny-sur-Marne. Et les deux ministres venus inaugurer la station de dépollution des eaux pluviales ont répété le message : « Nous serons prêts pour les Jeux olympiques, au rendez-vous en temps et en heure », a assuré Amélie Oudea-Castera, tout sourire aux côtés de Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique.
Au centre des préoccupations : la baignade dans la Seine, « un des rendez-vous du siècle » selon la ministre des Sports. La trempette étant interdite dans le fleuve depuis 1923, c’est l’un des défis les plus ambitieux de ces Jeux olympiques. Imaginez : il s’agit de dépolluer un cours d’eau largement urbanisé et artificialisé, qui récupère aujourd’hui encore les eaux pluviales et une grande part des eaux usées, plus ou moins bien traitées, de quelque 10 millions de Franciliens.
Le grand fleuve est ainsi régulièrement contaminé par des bactéries fécales — Escherichia coli et entérocoques — pouvant provoquer diarrhées et vomissements. En cause, principalement : les erreurs de branchements des immeubles, dont les eaux usées se déversent dans le réseau d’eau pluviale, et vice versa, pour finir ensuite dans la Seine et la Marne. D’après des estimations citées par le journaliste spécialiste du sujet Marc Laimé, « ces mauvais branchements en amont [seraient] à l’origine de 80 % de la pollution bactériologique de la Seine dans Paris intramuros ».
Corriger la tuyauterie de milliers de logements constitue « un chantier titanesque » selon un employé du Val-de-Marne interrogé par Reporterre — le département concentrerait à lui seul entre 50 000 et 100 000 raccordements non conformes. Le gouvernement estime que 10 000 « mauvais branchements » seront résorbés d’ici les Jeux…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Lorène Lavocat

