JO 2024, Une inclusion en carton

Finalement, Aya Nakamura se sera produite lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques dans la soirée du 26 juillet à Paris. Mais à quel prix ?

Certes le New York Times n’a pas tari d’éloges sur sa performance : « une prestation qui mêle avec brio tradition française et modernité, et qui a provoqué la colère de l’extrême-droite… Le contraste entre les visages impassibles des musiciens de la fanfare de la Garde républicaine et l’interprétation pleine de mouvements d’Aya Nakamura, née au Mali et élevée en France, était un tableau de vitalité multiculturelle. Le fait qu’elle se produise devant l’Académie française, illuminée par des feux d’artifice, est une attaque directe contre les politiciens de droite qui ont décrié sa participation ici. Son français est un français d’un Paris vivant ».

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et la chanteuse franco-malienne a été rétablie dans ses droits. Mais c’est oublier que dans sa prestation, elle est elle-même victime du primitivisme raciste à laquelle on voulait la soustraire. Sa performance dorée (ses danseuses et elle-même sont habillées de costumes de scène lamés or), sa jupette de raphia rappelant qu’elle le veuille ou non la ceinture de bananes de Joséphine Baker et ses poses audacieuses font d’elle un bel animal sauvage qui correspond bien aux stéréotypes occidentaux projetés sur l’Afrique. Mais aussi, n’évoque-t-elle pas Mami Wata, cette sirène des légendes africaines qui séduit tous ceux qui tombent dans les rets de l’argent et du capitalisme et dont l’or revêtu par la chanteuse symboliserait bien les méfaits ?

Par cette performance, Macron a réussi à imposer sa loi sociétale et à faire de l’icône « francophone » un symbole républicain et novateur par rapport aux gardiens du temple de la langue française. Le « en même temps », cher au locataire de l’Elysée est donc bien…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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