36,2 millions d’électeurs potentiels, soit 4 millions de plus qu’en 2020, et environ 15 % du total de l’électorat américain. Tel est le poids que peut représenter l’électorat hispanique lors de l’élection présidentielle de novembre 2024, qui s’annonce difficile pour le président Biden.
Certes, traditionnellement, ces Américains de plus de 18 ans, d’origine hispanique, ne sont pas tous inscrits sur les listes électorales et leur taux de participation demeure plus faible que celui des autres groupes, ce qui minore quelque peu l’impact politique de la première minorité des États-Unis. Cependant, ce « géant », qui ne s’est pas tout à fait réveillé encore, compte de plus en plus. En Californie et au Texas, ces électeurs potentiels représentent un tiers de l’électorat. Ils peuvent également faire pencher le résultat vers un parti ou un autre dans certains États indécis, comme l’Arizona. Aucun candidat ne souhaite « perdre » ces suffrages. Selon la National Association of Latino Elected and Appointed Officials (NALEO), 17,5 millions d’électeurs hispaniques, soit 6,5 % de plus qu’en 2020, et 11 % du total, devraient voter le 5 novembre prochain.
Une communauté traditionnellement plutôt acquise aux Démocrates
Historiquement, la minorité hispanique, très hétérogène, a majoritairement voté pour le Parti démocrate, même s’il existe des exceptions collectives, notamment les groupes originaires de Cuba et, moins nombreux, du Nicaragua et du Venezuela, tr ois pays gouvernés par des dirigeants à orientation marxiste.
Cependant, élection après élection, le Parti républicain peut se prévaloir d’un socle de 20-30 % de l’électorat hispanique, avec de bien meilleurs résultats pour Ronald Reagan en 1984 (37 %), George W. Bush en 2004 (un record de 40 %), ou bien encore 38 % pour Donald Trump en 2020. Les valeurs traditionnelles prônées par les Républicains correspondent à…
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Auteur: Isabelle Vagnoux, Professeure des universités Responsable du programme « Relation à l’Autre, Mémoire, Identité », Aix-Marseille Université (AMU)

