Jonas Mekas, l’affranchi



Memories of Jonas Mekas / jusqu’au 20 octobre / Galerie du jour.

Summer Manifesto / jusqu’au 30 octobre / The Film Gallery.

Debout parmi les choses / 448 pages /Éditions Nous / 30 euros.

Jonas Mekas in Zebulon / Zebulon Recordings

Originaire de Lituanie, qu’il a dû fuir durant la Seconde Guerre mondiale avec son frère Adolfas, Jonas Mekas – né en 1922, mort en 2019 – est arrivé aux États-Unis en 1949. S’étant installé à New York, dans le quartier de Williamsburg, il va y devenir un protagoniste phare du cinéma indépendant et, par extension, un acteur majeur de la contre-culture.

Cofondateur d’une revue spécialisée (Film Culture) et de deux structures corporatives (Filmmakers’Cooperative et Filmmakers’Cinematheque), il va aussi – et surtout – s’affirmer comme un cinéaste de premier plan dès son fulgurant premier long métrage, Guns of the Trees (1961), proche du Shadows de John Cassavetes. Affranchi plus encore du cinéma traditionnel, il va ensuite s’engager dans une voie éminemment personnelle.

Ayant acheté une caméra 16 mm Bolex dès son arrivée à New York, la trimballant tout le temps avec lui, Jonas Mekas la met en marche dès que l’occasion se présente. Entre journaux intimes, carnets documentaires et chroniques poétiques, ses films ultérieurs, courts ou (parfois très) longs, se composent de plans issus du stock en expansion constante accumulé avec boulimie au fil des années.

Photogrammes

Fruit d’un intense travail de montage, chaque film délivre ainsi une succession d’instants captés sur le vif, ressaisis a posteriori et assemblés dans un continuum tremblé, pareil à celui du souvenir que l’on se fait de la vie. S’insinue par moments en off la voix au phrasé si singulier de Mekas qui ajoute à la patine…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Jérôme Provençal

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