Beit Lahia, Gaza, 28 octobre 2025. Après le cessez-le-feu et le retrait de l’armée israélienne, les familles palestiniennes qui sont revenues dans la ville de Beit Lahia continuent de vivre avec des moyens limités parmi les bâtiments réduits en ruines par les attaques israéliennes à Gaza
Abdalhkem Abu Riash / ANADOLU / Anadolu via AFP
Mercredi 29 octobre 2025.
Nous avons de la chance. Après le cessez-le-feu annoncé le 9 octobre 2025, nous sommes rentrés chez nous, dans notre appartement de la rue Charles-de-Gaulle. Il était toujours intact. Dans notre quartier de Rimal, quelques tours ont été détruites, mais pas la nôtre. On ne peut pas en dire autant des autres quartiers de Gaza.
Au nord, le camp de réfugiés de Chati et le quartier de Cheikh Radwan ont été entièrement rasés. Depuis ce quartier, aujourd’hui, on peut voir les collines d’Israël, alors qu’avant, la vue était bouchée par la densité des bâtiments. Le quartier de Tal El-Hawa, au sud, n’existe plus. On dirait qu’un énorme tremblement de terre a tout nivelé.
Beaucoup de gens me demandent à quoi ressemble notre vie d’après le cessez-le-feu. Est-ce que les gens commencent à respirer ? Je réponds toujours par la même comparaison : nous sommes comme un blessé qui vient tout juste de se réveiller après une opération chirurgicale. Il émerge lentement des brumes de l’anesthésie. Il ne ressent pas encore de douleur. Il ne sait pas ce qu’il s’est passé, il ne sait rien de la gravité de sa blessure. Va-t-il pouvoir se mettre debout ? Va-t-il pouvoir marcher de nouveau ?
Sabah revit la tristesse du décès de son père
Nous en sommes là. Nous étions dans un mixeur, dans une tornade qui tournait. Le mixeur s’est arrêté brusquement. La tornade s’est effondrée. Mais on est toujours dans le vertige. Est-ce qu’on est debout ? Est-ce que le sol tourne autour de nous ? Ou bien est-ce notre tête qui tourne ? On est sortis de la guerre,…
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